La vitesse d’obturation : son influence, comment l’utiliser.

Nous avons vu dans un précédent article « Comprendre l’exposition » qu’il existait, pour une même scène, plusieurs réglages possibles pour obtenir l’exposition correcte. Dans cet article, je vous propose de découvrir l’influence d’un de ces réglages : la vitesse d’obturation.

Principe de réglage et exemples concrets

Principes de réglage

  • Choisir une vitesse d’oturation rapide pour figer le mouvement et obtenir une photo bien nette.
  • Choisir une vitesse d’obturation lente pour suggérer le mouvement dans la photo et lui donner de la dynamique.

Dans le cas d’un sujet immobile, il existe une règle suggérant qu’il faut une vitesse d’obturation au moins égale à la longueur focale de l’objectif pour éviter les flous de bougé liés au photographe (si l’objectif ne possède pas de stabilisation optique et pour une utilisation à main levée). Par exemple pour une focale de 300 mm, la limite est de 1/300.

Exemples concrets

Pour la suite de l’article nous allons prendre comme exemple une sortie destinée à la photo d’oiseau. Nous allons étudier plusieurs situations et voir comment régler la vitesse d’obturation et les conséquences de ces réglages.

  • Cas 1 : L’oiseau est posé et immobile.

Dans ce cas, je choisis généralement une vitesse de l’ordre de 1/300 (plus si possible)  afin de réduire les risques de flous de bougé liés à l’oiseau. Ne pas oublier que la règle énoncée en début d’article permet de réduire les flous liés aux mouvements du photographe mais pas ceux liés au mouvement du sujet.

  • Cas 2 : une partie du sujet seulement est en mouvement. L’oiseau se secoue pour enlever l’eau de son plumage par exemple.

Dans ce cas vous avez deux possibilités de réglage de base :

  1. Vous souhaitez figer complètement l’action, choisissez une vitesse d’obturation assez rapide de l’ordre de 1/1000. Avec cette vitesse, même les mouvements rapides de l’oiseau seront figés et vous pourrez montrer un comportement particulier avec précision.
  2. Vous souhaitez donner de la dynamique à l’image en montrant le mouvement, choisissez une vitesse de l’ordre de 1/300. Avec ce réglage les parties en mouvement ne seront pas figées et votre photographie gagnera en dynamisme. Ces réglages seront à adapter en fonction des mouvements de l’oiseau et de l’effet recherché.

Voici un exemple de photo tiré de la galerie du martin pécheur illustrant ce choix de réglage :

vitesse d'obturation mouvement filé Canon EOS-1D Mark II (300mm, f/5.6, 1/250 sec, ISO640)

  • Cas 3 : vous photographiez l’oiseau en vol.

Dans ce cas, vous avez trois possibilités de réglage de base.

1.  Vous souhaitez figer complètement les mouvements de l’oiseau, ailes comprises. Pour ce cas,  choisissez une vitesse d’obturation rapide  de l’ordre de 1/1000 pour réussir à figer les battements des ailes. Sauf, bien sûr, si vous photographiez des vautours 🙂 .

Voici un exemple de photo avec une vitesse élevée ;

vitesse d'obturation mouvement figéCanon EOS-1D Mark II (276mm, f/5.6, 1/2000 sec, ISO200)

2.  Vous souhaitez figer le corps de l’oiseau en mouvement avec les ailes et le décor flous . Cet effet s’appelle un filé. Dans ce cas, choisissez une vitesse assez lente de l’ordre du 1/50. Si tout se passe bien, le corps de l’oiseau sera net et le reste flou, produisant un véritable effet de déplacement dans l’image et la sensation de vitesse.

Voici un exemple de photo réalisée avec ces réglages :

vitesse d'obturation filéCanon EOS-1D Mark III (300mm, f/10, 1/60 sec, ISO100)

3.  Vous souhaitez avoir le décor net et l’oiseau flou se déplaçant dans l’image. Dans ce cas choisissez une vitesse de l’ordre du 1/30, suivez l’oiseau avec l’autofocus et au moment du déclenchement arrêtez votre suivi.

[encart coul=’jaune’]Pour toutes ces situations de sujet en mouvement, pensez à mettre votre appareil en mode suivi autofocus et en rafale.[/encart]

Là encore, toutes les vitesses données ne sont que des bases, à vous de vous construire votre expérience personnelle.

Une autre utilisation en photo de nature est la pose longue sur trépied pour réaliser des effets de filé avec de l’eau qui coule dans un torrent par exemple. Ici, la pose longue permet de noyer les mouvements de l’eau et les transformer en un effet de brouillard du plus bel effet.

[encart coul=’vert’]En conclusion le temps pose permet de suggérer le mouvement dans votre photo en mariant les zones nettes et les zones floues.[/encart]

A bientôt sur photo-sauvage.fr

Mathieu.

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